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La Belle des trois cités


 

« Le culte de la Déesse n°1 »

Conférence donnée par Jaya Yogacharya en cours de méditation le 27 février 2015

La Belle des trois cités

Nous sommes vous et moi, des occidentaux ayant adopté la voie du yoga et de la connaissance qui le soutient.
Les écritures sacrées, nous dit Jean Varenne, n’ont été découvertes par l’occident que tardivement, à la fin du XIII° S. Seule une poignée restreinte d’intellectuels de l’époque, s’intéressaient à la pensée Védantique, comme pure philosophie. L’intérêt s’est ensuite porté vers l’hindouisme pratique avec ses rituels et sa mythologie et leurs implications sociales avec son système de caste et les lois de Manu.
Ce traité de loi du IIe siècle de notre ère, dharmaśāstra, écrit en vers, est le plus ancien de la tradition hindoue du dharma. Dans ce texte, le sage Manu s’adresse aux Rishis, et les prie de lui donner l’ordre de toutes les "Couleurs", parlant des hiérarchies socio-cosmiques. C’est ainsi que naquirent les devoirs généraux des quatre castes sacrées, considérées comme constituant la société noble arya, où les ordres premiers dictés furent l’Ahimsâ, l’honnêteté et le contrôle des sens, ainsi que les devoirs particuliers de chacune des castes les unes envers les autres. Les Lois de Manu précisent bien qu’il n’y a pas de cinquième caste ou plus, mais uniquement quatre : Brahmane/Savant, Kshatriya /Guerrier, Vaishya/Paysan-artisan et Shudra/Serviteur rétribué. Les nourritures comestibles étaient aussi données dans ces lois ainsi que les purifications à faire pour des actes impurs et les punitions prescrites pour les crimes.

L’occident va donc se familiariser avec la tradition indienne mais au détriment de l’étude de ses autres grands darshans voir darshans.
Seul le Yoga va réussir à s’implanter en occident avec grand succès vers le XX° S mais dans sa réduction physique et hygiéniste. Le plus souvent, les occidentaux s’adonnant au yoga sont indifférents à l’aspect sacré et religieux.
L’élan du yoga sensibilisa malgré tout le public à découvrir un aspect de l’Hindouisme, qu’est le tantrisme. Le Tantrisme de par sa nature subversive par rapport au brahmanisme, et son propos d’un principe féminin supposé omniprésent dans la nature, et auquel les dieux eux-mêmes sont soumis, n’a pas trouvé sa place dans les grands darshans philosophiques, et ce malgré sa réputation. Il fut plus considéré comme un courant religieux.
Lorsqu’il interféra avec le yoga, il donna les voies nobles et mystiques qui s’intéressent à l’éveil de la Shakti endormie, telle que la voie des siddhas.
Cela le réhabilita dans sa fondation métaphysique et philosophique. Mais Kriya yoga et Tantrisme ne sont cependant pas la même chose.
Dans ce travail quotidien de l’éveil qu’est le nôtre, il nous faut aborder les concepts symboliques et iconographiques parfois religieux qui sous-tendent ces connaissances hindoues, sans quoi la notion de Shakti telle que l’orient l’appréhende, ne sera pas saisie.

Pour le Tantrisme, l’énergie cosmique, la Shakti, est source de tout ce qui existe dans l’univers.
Pour les hindous, elle devient une Déesse à laquelle un culte doit être rendu.
Elle est avant tout la mère divine.
Dans la mythologie complexe de l’hindouisme et de ses nombreux courants, les déesses féminines ont une place de choix.
Durgâ, Kâli, Parvati, Saraswati, Lalita, pour ne citer que les plus importantes, sont des shaktis différenciées de la même Shakti fondamentale.
Les tantras, textes référencés à partir du 5°s ap JC, (alors que le tantrisme puise dans des âges beaucoup plus anciens) sont des textes dits de langage crépusculaire. Cela signifie, qu’ils sont à double sens. Entendons par-là, qu’ils ont un sens initiatique et ésotérique qui se doit d’être décrypté. Le double langage repose sur la dimension philosophique ou sacrée d’une part et sa dimension rituelle d’autre part.
Tous les récits mythiques insistent sur l’indépendance souveraine des divinités féminines qui ne peuvent être associées au statut de la femme mariée et mère d’une société patriarcale. La divinité féminine illustre cette première intention fondamentale de l’existence qu’est l’énergie primordiale et sa liberté de volonté de création. Elles sont donc le plus souvent, des femmes sans hommes. Non pas des vierges mais des déesses libres. Ni Durga, Ni Kali ne sont mères. Dans le cas de Parvati, c’est elle qui force l’union avec Siva et contrôle l’union, en but de sa réalisation.

Il ne s’agit donc pas là d’attribuer à l’univers une nature féminine, il s’agit de rappeler que tout l’univers repose sur les principes mâle et femelle mais que le deuxième reste fondamental pour le premier.

Pratiquer le culte de la divinité pour réaliser ce concept dans la pratique du yoga, c’est en quelque sorte passer de la métaphysique au physique.

Dans un culte religieux familial ou public à tendance tantrique, on pourra par exemple, honorer Durga plutôt que Siva. Pour le yogi, c’est-à-dire celui qui veut réaliser en lui-même l’union des deux principes, corps et âme, mâle et femelle, la Shakti est le troisième élément incontournable qui transforme la dualité en trinité puis en unicité. Il y a alors transcendance. L’esprit ne peut régir le corps qu’avec la Shakti.

Les Védas, corpus de textes parmi les plus anciens, véritable encyclopédie, reposent principalement sur une idéologie patriarcale où les dieux sont masculins affublés d’épouses discrètes. Quelques rares divinités féminines indépendantes semblent parfois émerger comme Aditi (déesse des origines), Para Vach (déesse de la parole), Saraswati (la connaissance) et revendiquer leur pouvoir créateur de l’univers.
La conception tantrique de la Shakti comme énergie cosmique est faiblement perçue dans ces textes. Nous trouverons la notion de Shakti apparaître plus tard dans des textes du VIII ° et XII °s ap JC sous formes d’upanishads ultérieurs dont s’est doté le tantrisme, les Shakta-upanishads.
C’est là que le mot shakti remplace le mot Brahman.
En utilisant un vocable féminin, on assimile cette puissance de l’absolu à une Dévi, une déesse.

Le Purusha (l’absolu) devient passif et c’est la nature qui agit. Du point de vue humain, c’est elle seule qui compte. La nature devient la déesse souveraine, dispensatrice de toutes grâces.

Dans ces textes classiques, quelques uns concernent le culte de la Belle des trois cités, Lalita Tripura Sundari. Ces textes sont ; les Mahavidyas, le Shri Vidya, et la tripura-upanishad. Vidya signifie connaissance correcte.
Ce dernier texte décrit l’enseignement secret donné par la déesse.
Sous forme de vers, ce texte édifie l’enseignement donné directement par Lalita.
Elle y donne la connaissance qui apporte le salut, à savoir la délivrance des liens de la transmigration.
Tripura-Sundari est la Belle qui réside dans la triple cité.
Le texte va donc reposer sur la forme de la triplicité et de ses déclinaisons.

Ce texte présente à la fois les outils de la nature humaine, les 3 corps, les souffles, les chakras, les mudras, les états d’asservissement (Adyaropa), les yogas, puis les atouts de la déesse, les mantras, les dieux, le sri yantra, les offrandes et les rites devant être faits envers elle afin de la réaliser. Cela reste une ode poétique hermétique aux non-initiés.


Lalita est connue pour la forme symbolique de son célèbre sri yantra ou sri chakra, entrelacs de 9 triangles, 4 pour Shiva et 5 pour Shakti et ayant pour centre le bindu primordial. Pour l’adepte, il doit être conçu et peut l’être physiquement par dessin ou mentalement par visualisation sous la dictée d’un guide.

Dans la vision du Yantra, dit aussi le mandala, l’adorateur doit identifier de façon ésotérique et symbolique la présence de nombreuses divinités, à savoir les dieux tels que Kâma, les différents Shiva, mais aussi d’autres shaktis symbolisant les quinze phonèmes du mantra secret de la déesse, le Panchadasi ou le Shodasi mantra lorsque la syllabe Shrim lui est ajoutée.

Les rites tantriques sont ensuite réalisés (selon la voie droite Dakshina marga ou gauche Vama marga voir le tantrisme afin d’obtenir la révélation de la Déesse. Le fidèle opère alors une transformation radicale de son être, transcende sa condition humaine en réalisant l’union de Siva-Shakti.
Il devient un délivré vivant.
La conscience a été révélée par l’expérience de l’énergie.

Lalita signifie la joueuse, la charmante, la bien-aimée, et peut être une des équivalences de Durga ou Parvati symbolisant la joie divine imprégnant l’univers.

Tripura fait référence aux trois cités, à savoir les trois mondes, ou trois lokas, (Bhur, Bhuvah Svah) que sont le monde physique, le monde subtil et le monde causal. Associé aux trois corps, physique, astral et causal, cela indique la souveraineté de la déesse sur les domaines de la matière, de l’énergie et de la pensée au niveau de la création toute entière.

Cette trilogie se réfère aussi aux trois états fondamentaux de la conscience de l’être humain, Jagrat, Swapna, et Shushupti, l’état de veille, de rêve et de sommeil, symbolisés dans la tradition tantrique par le feu, la lune et le soleil.

Lalita est la belle entre toutes et représente ce bonheur extatique suprême en tant que source de toute perception merveilleuse.
Elle habite au sommet du Meru (la montagne cosmique), symboliquement associée à la sushumna nadi. Elle représente aussi l’amour divin infini comme force centrale motivant l’existence et donnant l’impulsion originaire vers la libération spirituelle.

Elle apparaît donc au sadhak sous trois formes de représentation ; sa forme grossière par l’image de la déesse à quatre bras. Sa forme subtile par la représentation de son yantra et sa forme suprême par son mantra spécifique.

Dans sa forme grossière, la déesse a quatre bras. Ils tiennent différents attributs, tels le Pasha, le noeud coulant (symbole de l’attachement) , l’ankusha, l’aiguillon à éléphant, l’arc ou un arc fait d’une canne à sucre, et enfin 5 flèches faites de fleurs ou 5 fleurs (symbolisant les cinq sens).
A ses pieds se trouve le Shri Yantra ou Sri Chakra qui est un modèle énergétique du macrocosme. Il provient du pranava qu’est le son subtil originel.
Parfois, la Déesse est représentée assise sur Shiva ou sur les cinq aspects de ce dernier qui symbolisent les cinq activités principales du dieu - création, maintien, destruction, occultation et grâce - aspects qu’elle transcende.
Son sari peut-être sombre, rouge ou or. Elle porte de nombreux ornements.
Sa beauté est aveuglante. La couleur rouge et brillante qui l’entoure signifie son état de bonheur extatique et sa connaissance illuminatrice.

Elle est connue aussi sous le nom de Rajarajeshvari ou la gouvernante de la création entière, parce qu’elle est celle qui émet les ordres qui mettent en mouvement le monde.
C’est pour cela qu’elle peut être invoquée dans toute initiative ou mise en route d’un événement.
Elle est aussi Kameshwari.
Depuis toujours, les sages ont soutenu que la beauté existe en tant que principe déversant dans toute la création son trop plein divin, d’harmonie et de vérité, dans un mystérieux écoulement continu.

La déesse incarne ce pouvoir de la perfection divine et de la beauté. Cultiver la déesse, c’est tendre vers cette perfection et cette beauté intérieure. Sacraliser le beau en soi, vivre dans le beau de l’existence, est la condition de l’élévation spirituelle. Mais nous parlons là de la beauté intérieure qui transcende les formes.
La beauté extérieure des formes ne peut refléter qu’éphémèrement l’ineffable beauté intérieure qui transcende toutes les formes. La beauté intérieure est celle du déploiement de la luminosité de la conscience divine qui irradie toutes choses.
C’est la conscience de la perfection, ou l’attraction vers ce qui est parfait.
De même que l’univers a ses imperfections puisqu’il contient tout, de même il contient la perfection.

Cultiver ou tendre vers la beauté intrinsèque du monde est le pouvoir de transfiguration, qui consiste à voir le sublime là où les autres ne perçoivent rien ou le contraire.

C’est cela la pratique du ravissement, de l’allégresse et de la grâce divine.
Mais pour réaliser en soi la perception de cet ineffable, il est nécessaire de pratiquer la purification mentale, afin de permettre que la réflexion glorieuse de la lumière de l’absolu et de ses manifestations puisse se faire en nous.
Nous devons devenir un miroir propre et parfait pour capter et renvoyer nous-même ce magnifique reflet.

Hari Om Tat Sat

Jaya Yogacharya


Bibliographie :
« L’enseignement secret de la Divine Shakti » de Jean Varenne aux edts Grasset ;
« Tantrisme « de Pierre Feuga aux edts Dangles
Commentaire et adaptation de Jaya Yogacharya

 

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