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« L’Asthanga Yoga, le Yoga aux Huit branches »

Sadhana Pada - Chapitre 2

2 ème partie- Yamas et Niyamas

Après avoir présenté les 5 kleshas ou afflictions émotionnelles dans la première partie du 2 ème chapitre, Patanjali aborde ensuite les moyens pour développer la discrimination, susceptible de nous débarrasser de ces afflictions.
Il va donc présenter les célèbres piliers du Raja Yoga (dit Yoga Royal), traité de psychologie
avant l’heure. Ce yoga de « l’étude des mécanismes mentaux « porte aussi le nom de Asthanga yoga (Astha signifie huit et Anga membres)
Le sutra suivant ouvre le thème du Raja Yoga.

- Yama-niyama-âsana-prânayâma-pratyâra-dhâranâ-dhyâna-samâdhayo asthâv angâni

(aphorisme 29 chap. 2)

Les huit membres de l’Asthanga Yoga sont :

  • Yamas - les Observances ou règles de vie par rapport aux autres.
  • Niyamas - les Observances ou règles de vie par rapport à soi-même.
  • Asanas - la pratique des Postures
  • Pranayama - Le contrôle de l’énergie vitale par la Respiration
  • Pratyahara - Le Retrait des Sens
  • Dharana - l’art de la Concentration parfaite
  • Dhyana - La Méditation profonde
  • Samadhi - L’état d’Union

Le yoga est un vaste ensemble de disciplines qui visent au perfectionnement physique et à la purification de tout l’appareil mental.
Dans le Raja Yoga, les huit parties sont interdépendantes et d’égale valeur chacune.

  • Yamas, Niyamas, Asanas, Pranayama, Pratyahara constituent les aspects extérieurs et formeront le yoga « exotérique ». C’est le Bahiranga yoga (Bahir signifie extérieur). Cette partie du yoga travaille sur des aspects ou objets tels que le corps, la relation aux autres, à notre comportement et notre mode de vie social, aux organes des sens habituellement tournés vers l’extérieur.
  • Dharana, Dhyana, Samadhi, formeront l’aspect « ésotérique » du yoga. C’est le Antaranga yoga (Antar signifie intérieur). Dans cette partie, nous faisons appel aux techniques subjectives de la contemplation et de la méditation profonde.

Pour la majorité des individus, l’apprentissage de ce yoga doit se faire degré par degré, mais si certaines personnes sont dotées de facultés spirituelles au départ, elles peuvent s’immerger plus rapidement dans les hauts degrés de la méditation.
Quel que soit le cas, Patanjali nous invite cependant à appliquer certaines règles afin d’atteindre sûrement les hauts états de réalisation et de supra-conscience.

- " Une vie sans règles et sans disciplines est vouée à des désordres mentaux et physiologiques " , annonce t-il.

La Sadhana, la pratique, a pour but l’illumination spirituelle, laquelle augmente en fonction de la destruction des impuretés. Ces dernières seront donc éliminées au fur et à mesure des étapes. Chaque étape du Raja Yoga prépare la suivante. Il est toutefois fort conseillé de suivre cet apprentissage au sein d’un groupe spirituel ou en présence d’un maître.


Les cinq Yamas

- Ahimsâ-satya-asteya-brahmcharya-aparigrahâ yamâh.

(Aphorisme 30 chap.2)

Les Cinq Yamas Observances morales par rapport aux autres
Ahimsa Non-violence
Satya Véracité
Asteya Honnêteté
Brahmacharya contrôle de la sensualité
Aparigraha la non-possession des biens matériels

Pratiqués universellement, indépendamment des lieux et des circonstances, ils deviennent de grandes disciplines.

- Ahimsa La non-violence.

C’est un concept clé dans la pratique spirituelle. Elle est bien souvent la racine de tous les yamas. La non-violence physique, verbale, sont bien sur des évidences à appliquer pour tout chercheur spirituel.
Plus insidieuse est la non-violence intentionnelle. Quelquefois l’individu ne pratique pas la violence par lui-même mais peut la faire accomplir par d’autres, ou peut tolérer qu’elle soit accomplie.

Dans ces degrés encore plus subtils, la violence existe dans le non-dit, la non-formulation.
Il y a des silences qui meurtrissent .
L’attitude yoguique nécessite une prise de responsabilité à ces degrés d’intentionnalité et s’applique également aux autres yamas.
Toutes ces passions ou vices engendrent la douleur et l’ignorance. Le yoga consiste à s’en apercevoir et à s’y opposer.
Nous pratiquons alors Pratipaksha Bhavana, l’art d’évoquer des pensées ou sentiments contraires.

- Satya La Véracité.

C’est l’art d’acquérir la Buddhi Divine, c’est-à-dire la perception de la réalité telle qu’elle est. Se défaire de Maya, l’illusion du monde phénoménal est le credo de la pratique philosophique védantique.
L’action juste au moment juste permet non seulement de diminuer les problèmes que nous pouvons créer aux autres et à nous même, mais surtout nous devenons « capables d’acquérir le résultat de notre karma selon notre désir. »
Plus encore, si l’aspirant spirituel est sincère et établit dans la vérité, tout ce qu’il dit devient vrai. Chaque mot qui sort de sa bouche est parfaitement pesé. Il atteint la vérité du verbe.

- Asteya L’Honnêteté.

« Quand on est fermement établi dans l’honnêteté, tous les joyaux se présentent d’eux-mêmes ».
Celui qui est établi dans la vertu yoguique, pourra développer les pouvoirs de connaissance, de clairvoyance et de perception intuitive.
Cela fait référence à la grande tradition des yogis qui ont la faculté de soigner par leur magnétisme et qui ne doivent vivre que d’aumône.

- Brahmacharya Le contrôle de la Sensualité.

Brahma signifie « être suprême » et « Charya signifie vivre ».
Brahmacharya à souvent été traduit par abstinence sexuelle.
Dans le Yoga, énergie physique et énergie spirituelle ont un lien.
Pour arriver à jouir des potentialités spirituelles, il est nécessaire de conserver l’énergie physique. Ainsi le contrôle des sécrétions sexuelles aident à cette préservation.
Pour le chercheur spirituel n’ayant pas fait vœu de chasteté, il est simplement recommandé de ne pas user en excès de cette énergie potentielle et surtout de ne pas en user uniquement à des fins sensuelles mais d’apprendre à la transcender en énergie spirituelle.
Dans le Mahabharata, Bhisma était dépourvu de la peur de la mort par la pratique de Brahmacharya. Il est mort selon son vœu.

- Aparigraha La non possession des biens.

Dans cette quête de la perception de la réalité, nous avons mis à jour les mécanismes d’
in-permanence du monde des phénomènes. Les biens matériels et l’énergie fournie pour leur acquisition augmentent cet enchaînement à Maya, l’illusion. Cet attachement renforce les liens d’esclavage envers les objets du désir.
La non-possession dans notre monde actuel doit plutôt être comprise comme un contrôle d’acquisition des objets, en s’attachant à ce qu’ils ne soient qu’essentiels à notre démarche d’élévation. En dégageant le mental de cette quête de l’avoir, nous lui ôtons tout souci à ce sujet.
Dans la tradition ancienne, certains yogis ne touchaient même pas au feu, n’avaient qu’un vêtement et ne s’installaient nulle part..


Les Cinq Niyamas

Les Cinq Niyamas Observances morales par rapport à soi même
Shaucha La pureté
Santosha Le contentement
Tapas Les austérités, pratique
Svadhyaya L’étude de Soi
Ishwarapranidhana L’abandon à ce qui est supérieur

Les Niyamas sont les disciplines incontournables pour le Sadhak (le pratiquant) qui se prépare aux techniques puissantes de la concentration et de la méditation.

- Shaucha La pureté, la propreté.

La propreté du corps pour un yogi est la condition préalable à toute pratique physique ,(asanas, pranayama, dhyana). Le corps est le temple dans lequel descend le divin. Toutefois, le pratiquant ne doit pas succomber à la tentation narcissique qu’ont beaucoup de pratiquants lorsque ceux-ci font des prouesses posturales, et que leur démarche spirituelle n’est habitée que par l’égo.
Patanjali va même jusqu’à affirmer que la pratique de cette pureté physique amène au détachement de ce même corps ainsi qu’au détachement aux corps des autres.
Non seulement cela est loin d’être acquis, bien au contraire, par les néophytes, mais de plus c’est une notion bien délicate à comprendre. Seuls ceux qui en ont l’expérience, peuvent aisément en faire l’observation.
Quant à la pureté mentale, nous savons combien l’innocence mentale rend libre et rapproche spontanément l’individu de l’expérience de ce qui est vrai.

- Santosha Le contentement.

Dans la même optique, le contentement est une qualité de l’innocence. En effet, rien de plus difficile à appliquer dans nos sociétés contemporaines. C’est un des plus grands voiles d’Avidya.
Aucune sadhana n’est possible avec l’insatisfaction. L’individu est alors empli de carcans mentaux, de frustrations ou d’attentes qui ne lui apportent aucun relâchement dans l’instant présent ; c’est pourtant la condition sine qua non pour appliquer les principes de la méditation.

- Tapas Les austérités.

Pour les Hatha -Yogi, Tapas est un concept très important ; Il fait référence à la notion de « feu », et les maîtres invitent les Sadhakas à battre le corps au feu de la pratique du yoga.
Tapas, c’est donc la discipline.
Pour atteindre les hauts degrés de la méditation, il faut un corps parfait et des organes des sens en bon état. Ce n’est pas à la portée de tout le monde de pouvoir rester assis en lotus pendant des heures sans gênes ni douleurs afin de se consacrer aux profondes expériences intérieures. Sri Satchidananda Yogi de Madras, à plus de cent ans, peut pratiquer Kaya Stairyam, c’est-à-dire l’immobilité du corps pendant plusieurs heures.

Parmi les nombreuses ascèses existantes, certaines sont recommandées par Patanjali, telles que le Jeûne, l’exposition au chaud ou au froid, les pranayamas intensifs, l’immobilité, la concentration parfaite. Voir les six obstacles à la pratique.

- Svadhyaya L’étude de soi.

La connaissance de soi commence par l’intériorisation et le silence.
C’est la pratique de Antar Mauna (le silence intérieur)voir Qu’est-ce qu’un Mauni.
Mais c’est aussi la faculté de faire taire le bavardage intérieur afin de pouvoir s’unir au principe Divin qui est en nous. Cet état d’union favorise l’élévation spirituelle.

- Ishwarapranidhana L’abandon au Divin.

Parmi les recommandations de Patanjali, voilà une des plus difficiles à appliquer, mais sans laquelle aucune réalisation spirituelle n’est possible. Elle requiert pour sa réalisation, l’intégration d’un bon nombre de celles déjà citées préalablement.
En effet, avec la peur de la mort, l’attachement au corps, l’absence de véracité et de pureté, un mental chargé et un corps malade, rien de tout cela n’apportera la paix à celui qui cherche l’union. La vision du Divin lui en sera d’autant plus obscurcie.

L’abandon requiert un lâcher-prise. Il est loin à lui seul, d’amener aux profonds états de Samadhi, mais il peut fournir le fabuleux soulagement qu’apport le relâchement dans l’instant présent.

Bibliographie :
1)Yoga-Sutras de Patanjali : commentaires Françoise Mazet Editions Albin Michel.

2)Propos sur la liberté : Swami Satyananda Saraswati : Edition Satyanandashram.

 

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